Légende du dragon et du boulanger

De WikiPerche

À Nogent-le-Rotrou, dans le quartier historique du Pâty, les façades des hôtels particuliers Michelet et de la Papotière portent des sculptures de créatures fantastiques, vestiges d’une légende locale datant du XVIIIe siècle.

Cette légende raconte l’histoire d’un dragon terrifiant qui vivait dans les marécages entourant la ville, un environnement typique de Nogent-le-Rotrou jusqu’au XVIe siècle, comme en témoigne l’église Notre-Dame-des-Marais, construite à proximité des zones humides. Selon la tradition orale, ce dragon, particulièrement redouté pour son appétit vorace envers les jeunes filles, semait la terreur parmi les habitants.

Un jour, un boulanger anonyme eut l’idée de fabriquer une énorme miche de pain pour attirer la créature dans son fournil. Grâce à son sang-froid, il parvint à piéger le dragon et à le tuer en le précipitant dans son four brûlant. Cet exploit héroïque libéra la ville de la menace et fit du boulanger un héros local. Pour commémorer cette victoire, les habitants organisèrent, durant les XVe et XVIe siècles, des processions dans le quartier du Pâty, où ils célébraient la fin de la terreur.

Les sculptures ornant les hôtels Michelet et de la Papotière, ainsi que l’église Saint-Laurent, perpétuent le souvenir de cette légende. On y trouve des représentations de dragons, de chiens, de sangliers et de singes, symbolisant la lutte contre les forces du mal. À l’hôtel Michelet, une sculpture montre un dragon ailé et un chien menaçant, tandis que sur l’hôtel de la Papotière, une autre sculpture représente le dragon en train d’enserrer une jeune fille effrayée. Enfin, sur le porche de l’église Saint-Laurent, une frise illustre un dragon crachant des flammes, rappelant ainsi aux passants cette histoire fascinante qui mêle courage, ruse et triomphe du bien sur le mal.[1]

Sources