« Couvent des Bénédictines de Nazareth (Nogent-le-Rotrou) » : différence entre les versions

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La Révolution française marqua un tournant dramatique pour le couvent. En 1790, le prieuré fut supprimé, et ses biens furent vendus comme biens nationaux en 1792. Les religieuses, au nombre de douze dames de chœur et quatre sœurs converses, furent expulsées. Certaines prêtèrent serment à la nouvelle constitution, tandis que d’autres refusèrent et durent quitter leur couvent. Les bâtiments furent vendus et transformés en auberge, mettant fin à plus d’un siècle et demi de vie religieuse et communautaire<ref name=":0">''Chroniques du Perche'' ''Le couvent de Nazareth à'' ''Nogent-le-Rotrou'', Cahiers percherons n°1998-3, p. 1 à 15, articles de Rémy Fauquet et Thomas Brunet.</ref><ref>[https://actu.fr/centre-val-de-loire/nogent-le-rotrou_28280/dans-les-secrets-des-belles-demeures-2_6658968.html ''Dans les secrets des belles demeures'', Journal "Le Perche", actu.fr, 12/02/2016]</ref>.
La Révolution française marqua un tournant dramatique pour le couvent. En 1790, le prieuré fut supprimé, et ses biens furent vendus comme biens nationaux en 1792. Les religieuses, au nombre de douze dames de chœur et quatre sœurs converses, furent expulsées. Certaines prêtèrent serment à la nouvelle constitution, tandis que d’autres refusèrent et durent quitter leur couvent. Les bâtiments furent vendus et transformés en auberge, mettant fin à plus d’un siècle et demi de vie religieuse et communautaire<ref name=":0">''Chroniques du Perche'' ''Le couvent de Nazareth à'' ''Nogent-le-Rotrou'', Cahiers percherons n°1998-3, p. 1 à 15, articles de Rémy Fauquet et Thomas Brunet.</ref><ref>[https://actu.fr/centre-val-de-loire/nogent-le-rotrou_28280/dans-les-secrets-des-belles-demeures-2_6658968.html ''Dans les secrets des belles demeures'', Journal "Le Perche", actu.fr, 12/02/2016]</ref>.
<u>Les enchères du 21 novembre 1792 :</u>
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== Architecture ==
== Architecture ==

Dernière version du 28 décembre 2025 à 13:19

Le Couvent des Bénédictines de Nazareth était un prieuré de bénédictines fondé au XVIIe siècle à Nogent-le-Rotrou.

Situé aux intersections des actuelles rues de Sully et de Nazareth (anciennement rues Gloriette et Miette), il fut établi en 1635 par Jehan de Loubes, baron du Saulce, et son épouse Barbe du Bellay, pour offrir un refuge à la mère de cette dernière, Barbe d'Aulnières, après un enlèvement mouvementé.

Le couvent, placé sous l’ordre de Saint-Benoît, fonctionna comme un lieu de prière et de retraite jusqu’à sa fermeture en 1792, lors de la Révolution française. Aujourd’hui, ses bâtiments, partiellement conservés et restaurés, rappellent son histoire religieuse et architecturale.

Histoire

Le Couvent de Nazareth fut fondé en 1635 par Jehan de Loubes, baron du Saulce, et son épouse Barbe du Bellay, à la suite d’un événement dramatique impliquant Barbe d'Aulnières, mère de Barbe du Bellay. En 1634, Barbe d'Aulnières, veuve de Pierre du Bellay, fut enlevée de force par son neveu René du Bellay, comte de la Feillée, alors qu’elle souhaitait entrer chez les bénédictines de Laval. Cet enlèvement, qui donna lieu à un dédommagement de 485 livres, fut à l’origine de la fondation du prieuré. Les habitants de Nogent, consultés en 1632, acceptèrent la création du monastère à condition que les religieuses n’acceptent aucune donation des Nogentais.

La première prieure, Guionne du Bellay, issue de la famille fondatrice, fut nommée en 1635. Le couvent fut officiellement approuvé par Léonor d'Étampes, évêque de Chartres, en 1639. Les fondateurs dotèrent le prieuré d’une rente de 500 livres, rachetable pour 9 000 livres, et se réservèrent le droit d’y entrer pour leurs dévotions. Les armes du monastère, "d'azur à la Vierge tenant l'Enfant Jésus d'argent", ornaient le portail, où une statue de la Vierge à l’Enfant était visible jusqu’au début du XXe siècle.

Au fil des décennies, le couvent s’enrichit de revenus fonciers et de fermes, atteignant un revenu annuel de 6 000 à 7 000 livres avant la Révolution. La chapelle, construite dès les premières années, abritait des reliques de saint Janvier et saint Adrien, exposées à la vénération des fidèles. Le cimetière, initialement attenant à la chapelle, fut transféré et béni en 1726.

La communauté fut dirigée par neuf prieures successives, dont Gabrielle de Loubes (1643-1694), Jeanne Godefroi de la Petite-Noë (1694-1695), Françoise-Claire de Sillans de Creully (1695-1719), Barthélemie-Marie Parseval (1719-1744), et Élisabeth de la Houssaye (dernière prieure, jusqu’en 1790).

En 1645, le couvent fut associé à l’ordre des Carmes déchaussés, puis s’affilia en 1690 à l’Institut de l’Adoration perpétuelle du Saint-Sacrement.

Le Couvent de Nazareth joua un rôle important dans la vie religieuse et sociale de Nogent-le-Rotrou. En 1661, un procès opposa le couvent au baron d’Oysonville pour le lieu des Groyes, paroisse de Dancé. En 1663, une dot fut constituée pour Marguerite Ayns, dame pensionnaire. En 1671, Charlotte de Beaulieu, dame de Machery, fit don de meubles et d’effets au couvent en s’y retirant. En 1715, le couvent rendit hommage à la baronne de Souancé pour le fief du Petit-Aunay.

La Révolution française marqua un tournant dramatique pour le couvent. En 1790, le prieuré fut supprimé, et ses biens furent vendus comme biens nationaux en 1792. Les religieuses, au nombre de douze dames de chœur et quatre sœurs converses, furent expulsées. Certaines prêtèrent serment à la nouvelle constitution, tandis que d’autres refusèrent et durent quitter leur couvent. Les bâtiments furent vendus et transformés en auberge, mettant fin à plus d’un siècle et demi de vie religieuse et communautaire[1][2].

Architecture

Le Couvent de Nazareth s’étendait sur un quadrilatère délimité par les rues de Nazareth, la ruelle des Champs, et la rue de Sully. Ses bâtiments, organisés autour d’une cour rectangulaire, présentaient une architecture hétéroclite, reflétant des périodes de construction variées.

L’aile sud, donnant sur la rue de Sully, était marquée par un portail monumental en plein-cintre, encadré de pilastres doriques et surmonté d’une niche abritant autrefois une statue de la Vierge. Les fenêtres, souvent en plates-bandes, étaient agrémentées de moulures en quart-de-rond. L’aile ouest, couverte d’une toiture en appentis, conservait des traces de croisées et de corniches sculptées en doucine, datant du XVIe siècle. L’aile nord, plus ancienne, présentait des portes et fenêtres en arc surbaissé, ainsi qu’un pignon à crossettes, caractéristique des XVe et XVIe siècles.

La chapelle, située à l’extrémité du monastère, était modeste, mais suffisante pour accueillir les religieuses, les sœurs tourières et quelques pensionnaires. Le cimetière, initialement attenant à la chapelle, fut déplacé en 1726. Les jardins et champs complétaient l’ensemble, s’étendant jusqu’à la ruelle des Champs.

Les bâtiments, vendus et transformés après la Révolution, ont subi des restaurations au XIXe et XXe siècles, altérant partiellement leur aspect originel. Malgré cela, le portail et certains éléments architecturaux rappellent encore aujourd’hui l’histoire du Couvent de Nazareth[3].

La maison des Trois-Maillets

La maison des Trois-Maillets, située aux 20 et 22 de la rue de Sully (anciennement 10 et 11 rue Gloriette), est un édifice historique étroitement lié au Couvent de Nazareth. Cette propriété, qui appartenait au prieuré avant la Révolution, fut vendue comme bien national le 21 novembre 1792 et acquise par François Drouet. Le bâtiment se composait de deux caves voûtées, de chambres basses et hautes, de greniers, ainsi que d’une cour avec écuries et latrines. Après la Révolution, la maison fut restaurée et conservée, devenant un témoignage architectural de l’époque. Aujourd’hui, elle est toujours visible et rappelle le lien historique entre cette demeure et le prieuré, ainsi que son rôle dans la vie locale après la dispersion des religieuses[1].

Anciens propriétaires de l'édifice :

Année Propriétaire Adresse précisée (rue Gloriette)
1676 Mme Jean COURGIBER 10 et 11
1720 Couvent de Nazareth 10 et 11
1792 François DROUET 10 et 11
Nicolas Martin DROUET 10 et 11
1827 Françoise DROUET 10
1827 Louis DROUET 11
1855 Émilie DROUET 11
1859 Louise CHENET 10
1869 Louis SORAND 11
1903 Émilie BRYÈRE 10
1916 héritiers SORAND 11
1920 Ernest BARBIER 11
1935 M. et Mme JARDIN 10 et 11
1957 Mme veuve JARDIN 10 et 11
1973 Mme Raymonde DELANAUD 10 et 11
1979 Ghyslaine BRUNET 10 et 11

Sources