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La '''rue Saint-Martin''' marque la limite entre les communes de [[Nogent-le-Rotrou (commune)|Nogent-le-Rotrou]] et Margon, dans le prolongement de la [[Rue Giroust (Nogent-le-Rotrou)|rue Giroust]] et partant en direction de Paris. À l'origine, la rue faisait partie de Margon, mais fût rattachée en 1836 à la commune de Nogent pour des raisons fiscales.
La '''rue Saint-Martin''' marque la limite entre les communes de [[Nogent-le-Rotrou (commune)|Nogent-le-Rotrou]] et [[Margon (Arcisses)|Margon]], dans le prolongement de la [[Rue Giroust (Nogent-le-Rotrou)|rue Giroust]] et partant en direction de Paris. À l'origine, la rue faisait partie de [[Margon (Arcisses)|Margon]], mais fût rattachée en 1836 à la commune de [[Nogent-le-Rotrou (commune)|Nogent]] pour des raisons fiscales.


== Histoire ==
== Histoire ==
En décembre 1789, à la suite de la Révolution française, le territoire est découpé en communes, suivant principalement des éléments naturels comme les cours d'eau ou les haies. La limite entre Nogent et Margon suivait alors logiquement le [[Val Roquet (cours d'eau)|Val Roquet]], incluant dans Margon les actuelles [[Rue des Viennes (Nogent-le-Rotrou)|rue des Viennes]], de [[Rue de la Sérine (Nogent-le-Rotrou)|la Sérine]] et Saint-Martin. Seule exception : une enclave de la [[Rue Giroust (Nogent-le-Rotrou)|rue Giroust]] (là où il y avait l'auberge du Soleil d'Or), fût annexée par Nogent car elle hébergeait une garnison.
En décembre 1789, à la suite de la Révolution française, le territoire est découpé en communes, suivant principalement des éléments naturels comme les cours d'eau ou les haies. La limite entre [[Nogent-le-Rotrou (commune)|Nogent]] et [[Margon (Arcisses)|Margon]] suivait alors logiquement le [[Val Roquet (cours d'eau)|Val Roquet]], incluant dans Margon les actuelles [[Rue des Viennes (Nogent-le-Rotrou)|rue des Viennes]], de [[Rue de la Sérine (Nogent-le-Rotrou)|la Sérine]] et Saint-Martin. Seule exception : une enclave de la [[Rue Giroust (Nogent-le-Rotrou)|rue Giroust]] (là où il y avait l'auberge du Soleil d'Or), fût annexée par [[Nogent-le-Rotrou (commune)|Nogent]] car elle hébergeait une garnison.


Jusqu'en 1791 subsistait entre les deux communes un bureau de l'Octroi, situé sur Saint-Martin. L'Octroi était un système de "douanes locales" créé au XIII<sup>e</sup> siècle, qui taxait les marchandises, denrées et produits à l'entrée des villes importantes, utilisés pour la consommation ou la fabrication locale. Cette taxe indirecte, ancêtre de la TVA locale, alimentait les revenus communaux.
Jusqu'en 1791 subsistait entre les deux communes un bureau de l'Octroi, probablement situé rue Saint-Martin. L'Octroi était un système de "douanes locales" créé au XIII<sup>e</sup> siècle, qui taxait les marchandises, denrées et produits à l'entrée des villes importantes, utilisés pour la consommation ou la fabrication locale. Cette taxe indirecte, ancêtre de la TVA locale, alimentait les revenus communaux.


Le 28 juillet 1834, les délibérations du Conseil Municipal rappellent que les habitants de la rue Saint-Martin et de la partie agglomérée de Margon proche de celle-ci demandent d’être affranchis du droit d’octroi de Nogent-le-Rotrou, invoquant des principes d’équité et de justice pour l’ensemble de la commune. Margon perçoit cependant une indemnité de compensation pour la perception de cet octroi.
Le 28 juillet 1834, les délibérations du Conseil Municipal rappellent que les habitants de la rue Saint-Martin et de la partie agglomérée de [[Margon (Arcisses)|Margon]] proche de celle-ci demandent d’être affranchis du droit d’octroi de [[Nogent-le-Rotrou (commune)|Nogent-le-Rotrou]], invoquant des principes d’équité et de justice pour l’ensemble de la commune. [[Margon (Arcisses)|Margon]] perçoit cependant une indemnité de compensation pour la perception de cet octroi.


Une autre délibération du Conseil Municipal de Nogent-le-Rotrou — du 12 juillet, semble-t-il, à vérifier — confirme la demande d’extension de la perception des droits d’octroi sur cette rue, conformément à une ordonnance de 1824. En cas d’échec, le Conseil demande la réunion de la partie agglomérée de Margon à Nogent-le-Rotrou.
Une autre délibération du Conseil Municipal de Nogent-le-Rotrou — du 12 juillet, semble-t-il, à vérifier — confirme la demande d’extension de la perception des droits d’octroi sur cette rue, conformément à une ordonnance de 1824. En cas d’échec, le Conseil demande la réunion de la partie agglomérée de Margon à Nogent-le-Rotrou.


Le 4 mars 1836, malgré une procédure de trois ans, Jean-Louis Debray, maire de Margon de l’époque, ne peut empêcher le rattachement de cette rue et de ses jardins à Nogent-le-Rotrou, acté par un décret royal.  
Le 4 mars 1836, malgré une procédure de trois ans, ''Jean-Louis Debray'', maire de [[Margon (Arcisses)|Margon]] de l’époque, ne peut empêcher le rattachement de cette rue et de ses jardins à Nogent-le-Rotrou, acté par un décret royal.  


Pendant cette période, il souligne plusieurs arguments :
Pendant cette période, il souligne plusieurs arguments :


* Nogent-le-Rotrou ne compte pas les 6 000 habitants requis pour être considérée comme une grande ville, et la rue Saint-Martin, assimilée à une banlieue, ne peut donc être soumise à l’octroi ;
* [[Nogent-le-Rotrou (commune)|Nogent-le-Rotrou]] ne compte pas les 6 000 habitants requis pour être considérée comme une grande ville, et la rue Saint-Martin, assimilée à une banlieue, ne peut donc être soumise à l’octroi ;
* L’indemnité de compensation pour la perception de l’octroi est insuffisante ;
* L’indemnité de compensation pour la perception de l’octroi est insuffisante ;
* Une commune ne peut « anéantir » sa voisine ;
* Une commune ne peut « anéantir » sa voisine ;
* Margon, avec seulement 706 habitants, deviendrait sans importance et serait en quelque sorte rayée de la liste des communes en perdant cette partie agglomérée ;
* [[Margon (Arcisses)|Margon]], avec seulement 706 habitants, deviendrait sans importance et serait en quelque sorte rayée de la liste des communes en perdant cette partie agglomérée ;
* Le nouveau découpage ne reposerait pas sur des limites crédibles.
* Le nouveau découpage ne reposerait pas sur des limites crédibles.


Le rattachement ne concerne que les « rapports civils », et non le « ressort du culte », ce qui pose des problèmes pour la « police des sépultures ». Le Conseil Municipal de Margon demande « que les habitants de la rue Saint-Martin restent réunis spirituellement à la succursale de Margon », et soient « assujettis aux réparations et reconfections de l’église et du presbytère ».
Le rattachement ne concerne que les « rapports civils », et non le « ressort du culte », ce qui pose des problèmes pour la « police des sépultures ». Le Conseil Municipal de [[Margon (Arcisses)|Margon]] demande « que les habitants de la rue Saint-Martin restent réunis spirituellement à la succursale de Margon », et soient « assujettis aux réparations et reconfections de l’église et du presbytère ».


En 1901, une polémique persiste : des habitants de la rue Saint-Martin refusent toujours leur rattachement à Nogent-le-Rotrou et, pour le culte, de faire partie de la paroisse Notre-Dame.<ref>[https://www.arcisses.fr/userfile/documents/Saint%20Martin.pdf Histoire de la rue Saint-Martin, document PDF hébergé sur le site officiel de la commune d'Arcisses]</ref>
À la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, avec la progression de la population à [[Nogent-le-Rotrou (commune)|Nogent]], de nouvelles constructions modernes avec jardin font leur apparition dans la rue. Dans la rue se tenaient un marchand de vins et spiritueux à destination des restaurateurs, ainsi qu'un café restaurant « ''à l'Aigle d'Or'' » et la boulangerie ''Brouard père et fils'', au niveau du carrefour avec la [[Rue des ruisseaux (Nogent-le-Rotrou)|rue des ruisseaux]] et de la [[Rue Giroust (Nogent-le-Rotrou)|rue Giroust]]<ref>''Nogent-le-Rotrou et son Canton (Tome II)'', <u>Bruno Jousselin et Gérard Pigray</u>, p. 70-71, éditions ALAN SUTTON (ISBN : 978-2-8138-0417-4).</ref>.
 
En 1901, une polémique persiste : des habitants de la rue Saint-Martin refusent toujours leur rattachement à [[Nogent-le-Rotrou (commune)|Nogent-le-Rotrou]] et, pour le culte, de faire partie de la paroisse Notre-Dame.<ref>[https://www.arcisses.fr/userfile/documents/Saint%20Martin.pdf Histoire de la rue Saint-Martin, document PDF hébergé sur le site officiel de la commune d'Arcisses]</ref>
 
La rue de la Sérine, perpendiculaire, sera percée en 1956 pour permettre la création de l'[[Avenue des prés (Nogent-le-Rotrou)|avenue des prés]] et des travaux d'assainissements<ref>[https://www.perche-gouet.net/histoire/rues.php?commune=28280-01&rue=170 ''Nogent-le-Rotrou : Rue de la Serine'', Cercles de Recherches Généalogiques du Perche-Gouët]</ref>.


== Sources ==
== Sources ==

Version du 3 août 2026 à 21:35

La rue Saint-Martin marque la limite entre les communes de Nogent-le-Rotrou et Margon, dans le prolongement de la rue Giroust et partant en direction de Paris. À l'origine, la rue faisait partie de Margon, mais fût rattachée en 1836 à la commune de Nogent pour des raisons fiscales.

Histoire

En décembre 1789, à la suite de la Révolution française, le territoire est découpé en communes, suivant principalement des éléments naturels comme les cours d'eau ou les haies. La limite entre Nogent et Margon suivait alors logiquement le Val Roquet, incluant dans Margon les actuelles rue des Viennes, de la Sérine et Saint-Martin. Seule exception : une enclave de la rue Giroust (là où il y avait l'auberge du Soleil d'Or), fût annexée par Nogent car elle hébergeait une garnison.

Jusqu'en 1791 subsistait entre les deux communes un bureau de l'Octroi, probablement situé rue Saint-Martin. L'Octroi était un système de "douanes locales" créé au XIIIe siècle, qui taxait les marchandises, denrées et produits à l'entrée des villes importantes, utilisés pour la consommation ou la fabrication locale. Cette taxe indirecte, ancêtre de la TVA locale, alimentait les revenus communaux.

Le 28 juillet 1834, les délibérations du Conseil Municipal rappellent que les habitants de la rue Saint-Martin et de la partie agglomérée de Margon proche de celle-ci demandent d’être affranchis du droit d’octroi de Nogent-le-Rotrou, invoquant des principes d’équité et de justice pour l’ensemble de la commune. Margon perçoit cependant une indemnité de compensation pour la perception de cet octroi.

Une autre délibération du Conseil Municipal de Nogent-le-Rotrou — du 12 juillet, semble-t-il, à vérifier — confirme la demande d’extension de la perception des droits d’octroi sur cette rue, conformément à une ordonnance de 1824. En cas d’échec, le Conseil demande la réunion de la partie agglomérée de Margon à Nogent-le-Rotrou.

Le 4 mars 1836, malgré une procédure de trois ans, Jean-Louis Debray, maire de Margon de l’époque, ne peut empêcher le rattachement de cette rue et de ses jardins à Nogent-le-Rotrou, acté par un décret royal.

Pendant cette période, il souligne plusieurs arguments :

  • Nogent-le-Rotrou ne compte pas les 6 000 habitants requis pour être considérée comme une grande ville, et la rue Saint-Martin, assimilée à une banlieue, ne peut donc être soumise à l’octroi ;
  • L’indemnité de compensation pour la perception de l’octroi est insuffisante ;
  • Une commune ne peut « anéantir » sa voisine ;
  • Margon, avec seulement 706 habitants, deviendrait sans importance et serait en quelque sorte rayée de la liste des communes en perdant cette partie agglomérée ;
  • Le nouveau découpage ne reposerait pas sur des limites crédibles.

Le rattachement ne concerne que les « rapports civils », et non le « ressort du culte », ce qui pose des problèmes pour la « police des sépultures ». Le Conseil Municipal de Margon demande « que les habitants de la rue Saint-Martin restent réunis spirituellement à la succursale de Margon », et soient « assujettis aux réparations et reconfections de l’église et du presbytère ».

À la fin du XIXe siècle, avec la progression de la population à Nogent, de nouvelles constructions modernes avec jardin font leur apparition dans la rue. Dans la rue se tenaient un marchand de vins et spiritueux à destination des restaurateurs, ainsi qu'un café restaurant « à l'Aigle d'Or » et la boulangerie Brouard père et fils, au niveau du carrefour avec la rue des ruisseaux et de la rue Giroust[1].

En 1901, une polémique persiste : des habitants de la rue Saint-Martin refusent toujours leur rattachement à Nogent-le-Rotrou et, pour le culte, de faire partie de la paroisse Notre-Dame.[2]

La rue de la Sérine, perpendiculaire, sera percée en 1956 pour permettre la création de l'avenue des prés et des travaux d'assainissements[3].

Sources

  1. Nogent-le-Rotrou et son Canton (Tome II), Bruno Jousselin et Gérard Pigray, p. 70-71, éditions ALAN SUTTON (ISBN : 978-2-8138-0417-4).
  2. Histoire de la rue Saint-Martin, document PDF hébergé sur le site officiel de la commune d'Arcisses
  3. Nogent-le-Rotrou : Rue de la Serine, Cercles de Recherches Généalogiques du Perche-Gouët