Clinique Saint-Jean (Nogent-le-Rotrou)
La Clinique Saint-Jean, aussi appelée Centre Jean Boutron, était un établissement chirurgical privé situé avenue du Général Leclerc, à Nogent-le-Rotrou. Fondée par le docteur Jean Boutron, elle a ouvert en février 1939 et a fermé à la suite de sa liquidation judiciaire prononcée le 7 février 2001. Ses murs ont été rachetés par le centre hospitalier en 2002, puis par l'association Anaïs en 2010, qui les a transformés en foyer d'hébergement pour personnes travaillant en ESAT.
Histoire
La clinique Saint-Jean est fondée par le docteur Jean Boutron, chirurgien né en 1908 à Bellême, fils et petit-fils de médecins. Reçu au concours de l'internat des hôpitaux de Paris en 1934, il souhaitait mettre ses connaissances au service de sa terre d'origine, le Perche. La région ayant besoin d'un poste chirurgical, ce fut Nogent-le-Rotrou[1][2].
L'établissement, un élégant bâtiment construit en haut d'une colline, ouvrit en février 1939 avec 16 lits. Le chirurgien habitait avec sa famille une maison voisine, son rêve se réalisait : vivre près de ses malades. La première personne opérée fut une certaine madame Blavet, la même année.
Mobilisé en août 1939 comme médecin-lieutenant, chef d'équipe chirurgicale à l'hôpital de Charleville-Mézières, Jean Boutron fut démobilisé à la demande des autorités et la clinique rouvrit en juillet 1940. Chirurgien des maquisards, il entra dans la Résistance en 1943. Arrêté le 14 mai 1944, il fut très vite libéré. Le 11 juin 1944, cinq bombes tombèrent sur la gare et dans le parc, obligeant la clinique à fermer quelque temps.
La clinique se dota d'un deuxième étage en 1947, puis fut agrandie jusqu'en 1964, pour atteindre une cinquantaine de lits. Un incendie se déclara dans la nuit du 14 au 15 août et détruisit le deuxième étage, qui fut vite reconstruit grâce notamment à la solidarité des habitants.
Le 22 mai 1995, vers 5 heures du matin, un nouvel incendie dramatique éclata dans l'établissement, provoqué selon les premières constatations par un malade en état de « surexcitation » qui aurait mis le feu à sa chambre. Le feu se propagea rapidement, le bâtiment ne disposant pas d'obstacles suffisants pour freiner sa progression, et la fumée rendit les secours difficiles : on dénombra trois victimes[3] et de nombreuses personnes intoxiquées. Plus d'une trentaine de malades furent évacués. L'année précédente, la commission de sécurité avait pourtant formulé 19 prescriptions, telles que le désenfumage, le recoupement des couloirs, le cloisonnement des escaliers ou l'installation de détecteurs de fumée, qui auraient pu limiter l'ampleur du désastre, si elles avaient été respectées ![4]
Le docteur Jean Boutron, retiré de la vie professionnelle en 1976, s'éteignit le 29 août 2000 dans la clinique qu'il avait créée, à 92 ans.
Après la mort du fondateur, la liquidation judiciaire de la clinique fut prononcée le 7 février 2001. Le centre hospitalier de Nogent-le-Rotrou acquit alors les murs du centre Jean Boutron — transaction consentie le 15 mars 2002 pour un prix de 1 143 367,63 € — et intégra dans son activité les 50 lits auparavant exploités par la clinique. Devant le coût croissant des aménagements nécessaires (estimés successivement à 590 k€ en novembre 2001, puis à 791 667 € en septembre 2002, 826 854,60 € en novembre 2002 et enfin 2 550 622 € en avril 2004), l'établissement s'engagea en 2005 à rapatrier toutes les activités de l'ex-clinique vers le site de l'hôtel-Dieu[5].
En juin 2010, l'association Anaïs acheta l'ancienne clinique pour en faire son nouveau foyer d'hébergement. Les travaux de réhabilitation et de transformation débutèrent en septembre 2010, suivis de travaux de démolition en janvier 2011 puis de reconstruction à partir de mai 2011. Le foyer ouvrit à ses 47 résidents, venus de la « barre » de la rue Paul-Langevin ainsi que des unités de Dorceau et de Rémalard, dans un établissement d'une capacité de 49 résidents disposant chacun d'un logement individuel avec salle de bains et WC. Un bâtiment annexe, situé à l'entrée principale, accueille le service d'accompagnement à la vie sociale[6].
En hommage au fondateur, sa famille a apposé une plaque commémorative, le 27 juin 2025, sur le mur extérieur de son ancienne demeure au 1 avenue du Général-Leclerc, où il avait habité de 1938 jusqu'à sa mort.
Architecture
La clinique Saint-Jean était un élégant bâtiment composé, à son ouverture en 1939, d'un seul étage comptant 16 lits. Un deuxième étage fut ajouté en 1947, et des agrandissements furent réalisés jusqu'en 1964. À quelques mètres se trouvait la maison d'habitation du chirurgien et de sa famille, au milieu d'un parc centenaire. La clinique abritait une cinquantaine de lits à la fin du XXe siècle.
Sources
- ↑ Fondateur de la clinique à Nogent-le-Rotrou, le Dr Jean Boutron honoré avec une plaque, article du journal "L'Action L'Echo", 16/07/2026, actu.fr
- ↑ Le docteur Boutron est mort il y a 25 ans : une plaque apposée devant son ancienne demeure, article du journal "L'Echo Républicain", 30/08/2025
- ↑ Brève du journal "Le Monde Diplomatique" du 23 mai 1995, archive.org
- ↑ Bulletin d'informations traitant de l'incendie de 1995 à la Clinique Saint-Jean de Nogent-le-Rotrou, source inconnue (trouvé sur internet il y a quelques années)
- ↑ Rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes sur la gestion du centre hospitalier de Nogent-le-Rotrou, p. 6 et 7, Chambre régionale des comptes du Centre, 21/08/2007
- ↑ L’association Anaïs s’apprête à héberger ses travailleurs handicapés dans l’ancienne clinique St-Jean, article du journal "L'Echo Républicain", 12 mai 2012
