Grande Bionnière (La Chapelle-Saint-Rémy)
![]() Vue d'ensemble du logis depuis la retenue d'eau (ruisseau de la Mandrelle). | |
| Construction | Fin du XVe siècle (vers 1470-1490) |
|---|---|
| Destination initiale | Métairie noble et moulin |
| Visite possible | Inconnu |
| Propriété | Propriété privée |
| Localisation | |
| Commune | La Chapelle-Saint-Rémy |
| Protection au titre des Monuments Historiques | |
| Patrimonialité | Non protégé |
Le logis de la Grande Bionnière, parfois qualifié de manoir, est une demeure rurale ancienne dont le corps principal remonterait à la fin du XVe siècle, sur la commune de La Chapelle-Saint-Rémy, dans le département de la Sarthe. Établi au bord du ruisseau de la Mandrelle, il était historiquement associé à un moulin, dont le droit d'eau a donné lieu au règlement du barrage du Courvalain, précisé au XIXe siècle par son propriétaire d'alors, le docteur Lizé, médecin au Mans[1].
Le logis demeure une propriété privée et ne fait l'objet d'aucune protection au titre des monuments historiques ni d'un recensement à l'inventaire général du patrimoine culturel.
Le bien est aujourd'hui identifié au cadastre sous la feuille 000 B 01, division n° 660.
Histoire
Origines (fin XVe siècle)
Le logis serait édifié dans la génération qui suit la fin de la guerre de Cent Ans, période de reconstruction pour le Maine, vers 1470-1490[2]. La tradition romanesque attachée au domaine attribue sa fondation à un membre de la petite noblesse locale, officier seigneurial exerçant les fonctions de notaire et receveur des cens, qui aurait fait bâtir une modeste maison forte : salle basse à grande cheminée, tourelle d'escalier et fenêtres à meneaux ouvrant sur la cour. (hypothétique)
L'identité de la famille fondatrice n'est pas établie. Les seigneurs de la paroisse connus aux XVIIe–XIXe siècles, les Gaudin de La Chénardière (voir ci-dessous), ne peuvent en revanche être les bâtisseurs : cette famille n'a été anoblie qu'en 1676 et détenait la seigneurie par achat, non par fondation. Le ou les constructeurs du logis primitif seraient donc à rechercher parmi des familles antérieures — éventuellement les précédents seigneurs — ce que seuls les aveux et terriers médiévaux permettraient de préciser. (question ouverte)
L'établissement d'un moulin sur la Mandrelle aurait constitué le cœur économique du domaine, moulant le grain des tenanciers du voisinage contre redevance. Les premiers litiges relatifs au partage de l'eau avec les riverains d'aval remonteraient à cette époque et se prolongeront, sous des formes diverses, jusqu'au XIXe siècle. (hypothétique)
Contexte seigneurial : les Gaudin de La Chénardière

Aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, la seigneurie de la paroisse de La Chapelle-Saint-Rémy — attachée au château de Courvalain (parfois orthographié Courvarain ou Cour-Valin) — est possédée par la famille Gaudin de La Chénardière, connue à partir de la fin du XVIIIe siècle sous le nom de Gaudin de Saint-Rémy[4]. Cette famille, originaire du Maine, avait acquis la seigneurie de M. de la Grandière, ancien maire de Tours ; elle ne l'a donc pas fondée. Anoblie par lettres patentes de Louis XIV en avril 1676 et maintenue en 1708, elle portait aussi les titres de seigneur de La Chénardière, de Courvalain et de Fleuré[5].
La proximité toponymique entre le barrage du Courvalain, mentionné dans les titres du logis pour le règlement de 1868, et le château de Courvalain, siège de la seigneurie, suggère fortement que la Grande Bionnière relevait de cette mouvance seigneuriale. Le rattachement précis du domaine à la seigneurie de Courvalain reste toutefois à confirmer par les aveux et terriers d'Ancien Régime. (à confirmer)
C'est vraisemblablement un dernier représentant de cette lignée, Auguste Alexandre Gaudin de Saint-Rémy, qui aurait cédé le domaine au docteur Lizé vers 1860, opérant le passage d'une propriété d'origine seigneuriale à une propriété bourgeoise. (hypothèse de travail)
L'ère Lizé et le règlement du barrage (1868)
Le domaine est acquis par le docteur Lizé, médecin établi au Mans, qui en est propriétaire au plus tard en 1868. À cette date, il fait préciser le règlement du barrage du Courvalain, fixant les modalités du droit d'eau attaché au moulin — hauteur de retenue et obligations réciproques des riverains[1]. Cet acte, mentionné au chapitre relatif à la servitude du droit d'eau dans les titres de propriété ultérieurs, atteste la présence de Lizé comme maître des lieux dès cette époque.
Figure du notable savant du Second Empire, le docteur Lizé illustre le passage d'une gestion coutumière et orale des usages de l'eau à une réglementation écrite et administrée. Ce règlement de barrage constitue le principal jalon documenté de l'histoire moderne du domaine.
Transmission au XXe siècle
À la mort du docteur Lizé, la propriété échoit à sa fille, Madame Lizé, épouse Landormy. En 1935, celle-ci transmet le logis par donation à ses filles, les demoiselles Landormy (attesté). Le bien fait ensuite l'objet d'une vente en 1942, puis passe successivement à la famille Picot puis au propriétaire N-1, avant l'acquisition la plus récente par le propriétaire N en 2015.
Architecture
Le corps de logis principal présente les caractères d'un logis rural du Maine : plan rectangulaire à deux niveaux, haute toiture à forte pente et enduit clair. La façade est rythmée par trois lucarnes à frontons de pierre et des ouvertures régulières, dispositions qui témoignent de remaniements aux XVIIe–XVIIIe siècles sur un noyau plus ancien attribué au XVe siècle. Le logis se reflète dans une retenue d'eau aménagée sur la Mandrelle, vestige de l'ancienne vocation hydraulique du domaine (moulin et barrage du Courvalain) ; une passerelle de bois enjambe le bras d'eau à l'est. (description à compléter d'après relevé sur place)

Chaîne de propriété
| Date | Acquéreur / bénéficiaire | Cédant | Nature | Référence |
|---|---|---|---|---|
| vers 1470-1490 | Famille fondatrice (inconnue) | — | Construction | question ouverte |
| av. XVIIe s. | M. de la Grandière (anc. maire de Tours) | — | Seigneurie de Courvalain | attesté (seigneurie) |
| XVIIe–XIXe s. | Gaudin de La Chénardière (dits de Saint-Rémy) | de la Grandière | Achat de la seigneurie | attesté (seigneurie) |
| vers 1860 | Dr Lizé (médecin au Mans) | Auguste Alexandre Gaudin de Saint-Rémy ? | Acquisition | attesté (règl. 1868) |
| 1895 | Landormy | Lizé | Transmission / acte | 4Q 372/530 |
| 1935 | Demoiselles Landormy | Mme Lizé, épouse Landormy | Donation | attesté |
| 1942 | Vente | Landormy | Vente | 4Q 30/2258 |
| 1973 | Picot | Landormy | Vente | 4133/14 |
| 1985 | Propriétaire N-1 | Picot | Vente | — |
| 2015 | Propriétaire N | Propriétaire N-1 | Vente | — |
Sources
- ↑ 1,0 et 1,1 Règlement du barrage du Courvalain précisé en 1868 par le docteur Lizé, médecin au Mans, mentionné au chapitre relatif à la servitude du droit d'eau des titres de propriété. Le cours d'eau traversant la propriété est le ruisseau de la Mandrelle ; l'appellation « barrage du Courvalain » figurant dans l'acte désigne vraisemblablement la retenue ou l'ouvrage lui-même. (source : acte d'achat — élément attesté)
- ↑ Datation du logis au XVe siècle : appréciation traditionnelle, à confirmer par une étude du bâti. (hypothétique)
- ↑ Blasonnement d'après H. Jougla de Morenas, Grand Armorial de France : « Coupé d'azur et d'or à trois trèfles de l'un en l'autre » (Gaudin de La Chénardière, de Saint-Rémy, seigneurs de Courvalain et de La Chénardière). Le dessin ci-contre est une restitution schématique de ces armes. (source imprimée)
- ↑ « La Chapelle-Saint-Rémy », dans Dictionnaire topographique, historique et statistique de la Sarthe : la seigneurie de la paroisse, attachée au château de Courvalain, appartenait à la famille Gaudin de la Chénardière, acquise de M. de la Grandière, ancien maire de Tours. (source imprimée, XIXe s.)
- ↑ Revue historique et archéologique du Maine : les Gaudin, écuyers, seigneurs de La Chénardière (Courvalain, La Chapelle-Saint-Rémy, Fleuré…), reçurent des lettres patentes de noblesse de Louis XIV en avril 1676, furent maintenus en 1708, et sont connus depuis la fin du XVIIIe siècle sous le nom de Gaudin de Saint-Rémy. (source imprimée, XIXe s.)
Sources documentaires à consulter : Archives départementales de la Sarthe — série 4Q (enregistrement et hypothèques), conservation des hypothèques (4133/14), série S (cours d'eau, moulins et usines : règlement du barrage de 1868), séries E et B (seigneuries, aveux et dénombrements pour l'Ancien Régime).

