Grande Maison (Nogent-le-Rotrou)

De WikiPerche
🏰 Manoir de la Grande Maison

Le manoir vu depuis la rue de Rhone
Construction XVIe siècle
Destination initiale Logis noble
Visite possible Non
Propriété Propriété privée
Localisation
Commune Nogent-le-Rotrou
Protection au titre des Monuments Historiques
Classé Non
Inscrit Oui
Objet(s) de la protection 22/11/1949 : Manoir

Le Manoir dit « La Grande Maison » ou « Hôtel Méréglise », situé à l'angle du 9 rue de Rhône et du 2 rue du Croc à Nogent-le-Rotrou, serait un édifice du XVIe siècle, remanié au XVIIIe. Il s'agirait à l'origine d’une demeure ayant appartenu au seigneur de Méréglise, Florent de Commargon.

Le bâtiment, partiellement démoli ou transformé au fil des siècles, conserve encore aujourd’hui des éléments architecturaux remarquables, notamment une tourelle abritant un escalier à vis en pierre, des pignons ornés de motifs sculptés typiques de la Renaissance, ainsi qu'intérieur richement décoré.

Il est inscrit aux monuments historiques depuis 1949 et sert actuellement d'habitation.

Histoire

En l’absence de sources écrites directes, sa datation repose sur son décor sculpté et ses éléments d’inspiration antique, suggérant une construction dans le second quart du XVIᵉ siècle. La largeur sur rue du bâtiment, la taille de sa parcelle, l’usage de la pierre de taille et la richesse du décor permettent de l’identifier comme une construction élitaire, répondant au type de l’hôtel particulier, avec une progression des espaces publics (rue, cour) vers les espaces privés (grandes salles, chambres).

Selon une citation de Bart des Boulais (1613), l’édifice aurait été érigé par Florent de Commargon, seigneur de Méréglise en 1495, pour se rapprocher du comte de Nogent, bien que cette attribution reste à confirmer[1].

Architecture

Le manoir se compose de trois bâtiments formant un L. Le plus imposant étant le logis principal, donnant sur la rue de Rhône, dont la tour d’escalier est intégrée au bâti. Les pignons, ornés de motifs sculptés du XVIe siècle, rappellent l’origine Renaissance du bâtiment. En son sein, on trouve des cheminées en pierre et des boiseries du XVIIIe siècle, témoignages des transformations ultérieures.

Ce type d’hôtel particulier, typique du Perche, se distingue par :

  • Une façade en maçonnerie de pierres (grès ou calcaire local), avec des fenêtres à meneaux et des encadrements moulurés.
  • Des agrafes ornées (feuillages stylisés, écussons) et des lucarnes en pierre, caractéristiques des constructions du XVIe siècle.
  • Une cour intérieure souvent bordée de galeries ou d’arcades, comme celles observées dans les hôtels nogentais de la même époque (comme au 17 rue de Rhône).
  • Des escaliers en vis en pierre, desservant les étages, et des salles voûtées (berceau ou ogive) au rez-de-chaussée ou dans les caves.

À l'intérieur :

  • Le rez-de-chaussée : Un perron d’entrée dessert un salon avec cheminée, une salle à manger avec cheminée, et une cuisine aménagée. Une première suite, dotée de sa propre entrée, comprend une chambre avec salle de douche.
  • Au premier étage : Une deuxième suite se compose d’une grande chambre avec cheminée et bibliothèque, salle de douche et dressing. Une troisième chambre est également présente à ce niveau.
  • Au deuxième étage : Un palier-bibliothèque dessert une quatrième chambre avec dressing et une alcôve pour lit d’amis. Une troisième suite, composée d’une chambre avec boiseries et salle de douche, complète cet étage.

Le manoir est entouré d’un parc paysager d’environ 1,2 hectare, accessible par une allée bordée de grands arbres. La cour rectangulaire, formée par les bâtiments, est encadrée de haies vives, de buis taillés en topiaires, d’un sous-bois et d’un potager-verger. Une grande mare, en eau en hiver, ajoute au charme des lieux.

Le domaine inclut aussi trois granges typiques des bâtiments ruraux du Perche. L’une d’elles a été aménagée en gîte ou maison d’amis, avec pièce à vivre, cuisine, chambre et salle de douche. Un atelier d’artiste est par ailleurs intégré aux dépendances[2][3].

Sources