Mairie-École (Brunelles)

La Mairie-École de Brunelles est composée de deux bâtiments principaux. Le plus ancien, qui date de la fin du XIXe siècle, héberge la mairie annexe de Brunelles et la classe des CE1-CE2. Le second, qui date du début du XXe siècle, accueille un préau, la classe de GS-CP, les sanitaires, un logement de fonction, et la garderie.
L'ensemble a été construit au pied de l'église, sur l'emplacement d'un ancien manoir.
Histoire
À l'origine
En 1834, la mairie, l'école et le logement de l'instituteur sont installés dans les dépendances du presbytère, dont l'ancien fournil. L'école ne comporte alors qu'une unique salle de classe mixte[1].
Un château ou un manoir à deux tours se tenait à l'emplacement actuel de la mairie et de l'école. Il aurait appartenu aux seigneurs de Brunelles Michel-Jean Amelot du Gournay, mort en 1724, et Jean-Baptiste Gouin. Aucun écrit ne stipule sa date de construction.
En 1857, la mairie se porte acquéreur de l'ancien manoir avec comme projet d'y faire construire une mairie et une école, conservant une partie de son mur d'enceinte et ses caves.[2] D'après une légende locale, il y aurait dans ces caves un départ de souterrain qui rejoindrait le château de Nogent-le-Rotrou, dont les seigneurs locaux étaient autrefois tenus à la garde.[2]
Construction d'une Mairie-école

Au milieu du XIXe siècle, le conseil municipal, jugeant l'école non conforme aux réglementations, mandate un architecte, M. Vareau, afin de dresser les plans d'une nouvelle école et d'une mairie à l'emplacement de l'ancien manoir. La commune racheta alors l'édifice à M. Maudhuit, alors ancien instituteur et marchand de vin ayant fait faillite.
Trois projets seront proposés par l'architecte entre 1856 et 1859, différents par le nombre d'ouvertures et la disposition des pièces. C'est le dernier qui fût retenu, et l'édifice fût construit en 1861 conformément aux plans.
Ce premier bâtiment abrita, au rez-de-chaussée, une salle de classe mixte (qui accueillit également les enfants de Champrond-en-Perchet jusqu'en 1886) et à l'étage, la mairie et le logement de l'instituteur. Les cabinets étaient déportés dans un second bâtiment au sud.
Au début des années 1890, face à l'augmentation de la population, le bâtiment devenant trop petit, les filles sont déplacées dans un autre local (dont l'emplacement est inconnu, possiblement la maison au 1 rue de la Mairie, sans certitude) avant la construction de l'école de filles. À partir de cette époque, le bâtiment n'accueille plus que les garçons.
En 1892, le maître-maçon Émile Couillin dresse le plan d'ensemble de la mairie-école sur lequel le mur de séparation des deux cours d'écoles (garçons et filles) a disparu.
En 1893, il modifie la salle de classe au profit de deux nouvelles pièces destinées à agrandir le logement de l'instituteur, dont une cuisine (ou une cantine) construite dans une extension à l'ouest qui deviendra plus tard la salle du conseil municipal.[3]
On remarque sur les anciens plans et les cartes postales d'époque qu'une extension à l'est (face à l'église) servait de four à pain. Elle fut démolie au cours du XXe siècle pour permettre le passage des véhicules rue de l'église.
Construction de l'école de filles

Dès 1903, le Conseil Municipal souhaite faire construire une école de filles sur un terrain communal au sud-ouest de la mairie, qui servait pour partie de jardin à l'instituteur. L'architecte Arthur Joseph Proust pour dresser les plans du nouveau bâtiment.
En 1904, deux projets sont proposés, mais jugés insuffisamment rationnels par l'inspecteur académique. L'architecte M. Saudret d'Alençon est alors mandaté en 1905 pour produire de nouveaux plans.
Le 5 novembre 1905, le Conseil municipal vote le projet de construction de la nouvelle école de filles. Le projet, plus orienté vers la ruelle en contrebas, verra le jour l'année suivante. Les plans datés du 26 février 1907 sont fidèles à l'édifice actuel, à l'exception des portes d'accès qui ont été inversées.
À la base formé d'un seul corps, le bâtiment abrite au rez-de-chaussée une salle de classe et un vestiaire, et à l'étage le logement de l'institutrice avec une cuisine, une salle à manger, un cabinet, et deux chambres, tel qu'indiqué dans le décret de 1894. Les murs sont en moellons de calcaire couverts d'un enduit plein, à l'exception des travées essentiellement maçonnées en brique. Les encadrements des baies et les chaînages d'angle sont en pierre de taille de calcaire alternant avec la brique. Les toits sont à longs pans et à croupe (corps est) couverts en ardoise.
Le préau, accolé à la façade est, aurait été construit en 1908 ou en 1938 selon les sources par l'architecte M. Auguste Cloutier[3][4].
Dans les années 1930, une partie des caves du premier bâtiment, faisant partie à l'origine de l'ancien château, sont rebouchées par le maire de l'époque afin d'éviter que les enfants ne s'y perdent.[2]
En 1977, M. Ticot devient secrétaire de mairie, instituteur et directeur de l'école suite à un départ en retraite. Il fit rapidement goudronner la cour, qui était encore en terre battue.
En 1985, le Plan Informatique pour Tous (PIP) dote l'école d'un ordinateur et d'une imprimante.[5]
Le troisième corps de bâtiment à l'ouest fût construit au cours du XXe siècle pour servir de cantine puis de local de stockage, avant d'être transformé en salle de garderie en 2018.[6] Une dernière extension sera construite au sud-est du corps principal en 1979 pour remplacer les sanitaires extérieures d'origine.[4][7][8]
Restauration de la mairie
À la fin des années 1980, le bâtiment accueillant la mairie atteint encore ses limites. Une unique pièce de 35m² sert de secrétariat, de salle d'attente, à célébrer les mariages et à organiser les conseils municipaux. Dans cette configuration, aucune conversation confidentielle n'était possible, et lorsqu'il y a réunion du conseil ou mariage, il faut déplacer la grosse table en chêne et relever le meuble cadastral. Pour pallier ces problèmes, le conseil municipal décide en 1992 de la réhabilitation totale du bâtiment. L'aile ouest composée de l'ancienne cantine et d'un garage est démolie pour laisser place à une salle de conseil municipal. Un secrétariat et une salle d'attente sont également créés. Le mobilier est acquis à l'entreprise Meubles Couloir de Brou. Coût de la restauration : 700 000 Francs, avec l'aide de l'état et du département.
Le 3 septembre 1994, la nouvelle Mairie est inaugurée par Martial Taugourdeau, alors Président du Conseil Général d'Eure-et-loir, en compagnie de Paul Belier, maire de Brunelles, du sous-préfet de Châteaudun, de Patrick Hoguet, député, de François Huwart, Maire de Nogent-le-Rotrou et de Jean Grandon, Sénateur d'Eure-et-Loir. Pour l'occasion, les associations locales tenaient un stand à la salle des fêtes pour présenter leurs activités[9].
Aujourd'hui
En 2013, M. Ticot quitte ses fonctions d'instituteur et de directeur de l'école après 36 ans d'activité.[5]
En 2016, lors de la réfection de la place de la Mairie, le jardin autrefois dédié à l'instituteur est transformé en jardin pédagogique et les anciennes toilettes accolées au préau sont démolies pour y permettre l'accès depuis la cour intermédiaire.
En 2018, l'école se modernise à nouveau. Les salles de classes sont équipés de tableaux numériques interactifs et d'interphones pour communiquer entre elles. Pour des raisons de sécurité, l'entrée de l'école est déplacée côté est, tournée vers le parvis de l'église récemment piétonnisé, et la cour intermédiaire est séparée en deux afin de différencier l'école des services techniques de la commune.
Le 1er janvier 2019, avec la fusion de Brunelles avec les communes voisines de Margon et Coudreceau, le bâtiment devient une annexe de la mairie d'Arcisses.
Le 31 janvier 2019, M. Ticot, dernier Secrétaire de Mairie-instituteur d’Eure-et-Loir quitte ses fonctions de secrétaire après 42 ans de service.[5][10]
Sources
- ↑ Bourg : presbytère (rue de l'Église), Inventaire du Patrimoine, notice n°IA28000107, Région Centre-Val de Loire, 2008
- ↑ 2,0 2,1 et 2,2 À Brunelles, la cave est multicentenaire, Hugo Deshors, Le Perche, Actu.fr, 10/10/2015
- ↑ 3,0 et 3,1 Bourg : mairie et école primaire, actuellement mairie (place de la Mairie), Inventaire du Patrimoine, Région Centre-Val de Loire, 2008
- ↑ 4,0 et 4,1 Bourg : école publique primaire de filles (place de la Mairie), Inventaire du Patrimoine, Notice n°IA28000105, Région Centre-Val de Loire
- ↑ 5,0 5,1 et 5,2 "Je ne pensais pas rester aussi longtemps" : instituteur et secrétaire de mairie plus de 30 ans à Brunelles, Journal "L'Action l'Echo", 14/09/2025
- ↑ L'école s'est modernisée à Brunelles, Loïc Jumeau, L'Action l'Echo, 24/10/2018
- ↑ Synthèse de Brunelles, Parc Naturel Régional du Perche, Calameo.com
- ↑ Témoignage de M. TICOT, Arcisses Infos n°1, Commune d'Arcisses, Juin 2019
- ↑ Témoignage de M. TICOT, Arcisses Infos n°20, Commune d'Arcisses, Octobre 2025
- ↑ Jean-François Ticot, dernier représentant des secrétaires de mairie instituteurs d'Eure-et-Loir, prend sa retraite, Jocelyne LEGROS, L'Echo Républicain, 24/01/2019
