Grande Bionnière (La Chapelle-Saint-Rémy)

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Le logis de la Grande Bionnière, parfois qualifié de manoir, est une demeure rurale ancienne dont le corps principal remonterait à la fin du XVe siècle, sur la commune de La Chapelle-Saint-Rémy, dans le département de la Sarthe. Établi au bord du ruisseau de la Mandrelle, il était historiquement associé à un moulin, dont le droit d'eau a donné lieu au règlement du barrage du Courvalain, précisé au XIXe siècle par son propriétaire d'alors, le docteur Lizé, médecin au Mans.

Le logis demeure une propriété privée et ne fait l'objet d'aucune protection au titre des monuments historiques ni d'un recensement à l'inventaire général du patrimoine culturel.

Le bien est aujourd'hui identifié au cadastre sous la feuille 000 B 01, division n° 660.

Histoire

Origines (fin XVe siècle)

Le logis serait édifié dans la génération qui suit la fin de la guerre de Cent Ans, période de reconstruction pour le Maine, vers 1470-1490[2]. La tradition romanesque attachée au domaine attribue sa fondation à un membre de la petite noblesse locale, officier seigneurial exerçant les fonctions de notaire et receveur des cens, qui aurait fait bâtir une modeste maison forte : salle basse à grande cheminée, tourelle d'escalier et fenêtres à meneaux ouvrant sur la cour. (hypothétique)

L'identité de la famille fondatrice n'est pas établie. Les seigneurs de la paroisse connus aux XVIIe–XIXe siècles, les Gaudin de La Chénardière (voir ci-dessous), ne peuvent en revanche être les bâtisseurs : cette famille n'a été anoblie qu'en 1676 et détenait la seigneurie par achat, non par fondation. Le ou les constructeurs du logis primitif seraient donc à rechercher parmi des familles antérieures — éventuellement les précédents seigneurs — ce que seuls les aveux et terriers médiévaux permettraient de préciser. (question ouverte)

L'établissement d'un moulin sur la Mandrelle aurait constitué le cœur économique du domaine, moulant le grain des tenanciers du voisinage contre redevance. Les premiers litiges relatifs au partage de l'eau avec les riverains d'aval remonteraient à cette époque et se prolongeront, sous des formes diverses, jusqu'au XIXe siècle. (hypothétique)

Contexte seigneurial : les Gaudin de La Chénardière

Aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, la seigneurie de la paroisse de La Chapelle-Saint-Rémy — attachée au château de Courvalain (parfois orthographié Courvarain ou Cour-Valin) — est possédée par la famille Gaudin de La Chénardière, connue à partir de la fin du XVIIIe siècle sous le nom de Gaudin de Saint-Rémy[3]. Cette famille, originaire du Maine, avait acquis la seigneurie de M. de la Grandière, ancien maire de Tours ; elle ne l'a donc pas fondée. Anoblie par lettres patentes de Louis XIV en avril 1676 et maintenue en 1708, elle portait aussi les titres de seigneur de La Chénardière, de Courvalain et de Fleuré[4].

La proximité toponymique entre le barrage du Courvalain, mentionné dans les titres du logis pour le règlement de 1868, et le château de Courvalain, siège de la seigneurie, suggère fortement que la Grande Bionnière relevait de cette mouvance seigneuriale. Le rattachement précis du domaine à la seigneurie de Courvalain reste toutefois à confirmer par les aveux et terriers d'Ancien Régime. (à confirmer)

C'est vraisemblablement un dernier représentant de cette lignée, Auguste Alexandre Gaudin de Saint-Rémy, qui aurait cédé le domaine au docteur Lizé vers 1860, opérant le passage d'une propriété d'origine seigneuriale à une propriété bourgeoise. (hypothèse de travail)

L'ère Lizé et le règlement du barrage (1868)

Le domaine est acquis par le docteur Lizé, médecin établi au Mans, qui en est propriétaire au plus tard en 1868. À cette date, il fait préciser le règlement du barrage du Courvalain, fixant les modalités du droit d'eau attaché au moulin — hauteur de retenue et obligations réciproques des riverains[1]. Cet acte, mentionné au chapitre relatif à la servitude du droit d'eau dans les titres de propriété ultérieurs, atteste la présence de Lizé comme maître des lieux dès cette époque.

Figure du notable savant du Second Empire, le docteur Lizé illustre le passage d'une gestion coutumière et orale des usages de l'eau à une réglementation écrite et administrée. Ce règlement de barrage constitue le principal jalon documenté de l'histoire moderne du domaine.

Transmission au XXe siècle

À la mort du docteur Lizé, la propriété échoit à sa fille, Madame Lizé, épouse Landormy. En 1935, celle-ci transmet le logis par donation à ses filles, les demoiselles Landormy (attesté). Le bien fait ensuite l'objet d'une vente en 1942, puis passe successivement à la famille Picot puis au propriétaire N-1, avant l'acquisition la plus récente par le propriétaire N en 2015.

Architecture

Chaîne de propriété