Camille Gaté
![]() Portrait de Camille Gaté | |
| Nom complet | Camille Léon Gaté |
|---|---|
| Naissance | 14 avril 1856 à Nogent-le-Rotrou |
| Décès | 20 août 1900 à Nogent-le-Rotrou (44 ans) |
| Métier & vocations | |
| Profession(s) | Sculpteur, tanneur, écrivain |
Camille Gaté (parfois orthographié Camille Gâté), né le 14 avril 1856 à Nogent-le-Rotrou et mort le 20 août 1900 dans la même ville, est un sculpteur animalier nogentais.
Fils d'un industriel tanneur, il a dirigé la tannerie familiale tout en menant une carrière d'artiste couronnée de succès, notamment avec son œuvre Les Chiens de relais, récompensée à l'exposition universelle de 1889. Attaché à sa ville natale, qu'il n'a pratiquement jamais quittée, il y reste une figure marquante.
Biographie
Camille Léon Gaté naît le 14 avril 1856 à Nogent-le-Rotrou. Il est le fils de Michel Gaté (appelé également Gaté-Richard après son mariage) et de Désirée Richard.
En 1848, son père, tanneur, fonde une tannerie qui devient la plus importante de la ville, au n°54 rue Saint-Hilaire, et qui prend ensuite le nom de tannerie Gaté-Richard. Le couple Gaté-Richard a quatre enfants, dont deux meurent en bas âge ; il reste Camille et sa sœur Marie. En 1881, les parents deviennent propriétaires de la villa Saint-Hilaire, rue des Gauchetières, où ils installent leur résidence. En mars 1895, ils procèdent au partage de leurs biens[1].
Très jeune, Camille Gaté s'initie à la sculpture après des études au collège de la ville. Il désire d'abord devenir diplomate au ministère des Affaires étrangères, mais les affaires familiales l'obligent à renoncer aux Beaux-Arts et au Quai d'Orsay : il doit reprendre la direction de la tannerie familiale avec son beau-frère Henri Villette, que Marie a épousé et qui deviendra maire de Nogent en 1898. La tannerie prend alors le nom de « Gaté fils et gendre », puis, après la mort de Camille, celui de tannerie Villette-Gaté sous la direction d'Henri Villette.
Le 18 mai 1886, Camille Gaté épouse Marguerite Boutet, fille du maire de Chartres. De cette union naissent deux enfants, Michel et Yvonne. Bien établi dans la société nogentaise, il partage sa vie entre sa famille, la tannerie et son atelier de sculpture.
Défenseur des idées républicaines, il fonde en 1880, avec quelques amis, le journal Le Républicain de Nogent-le-Rotrou. Il se consacre à ses premières sculptures en 1884, prenant les ouvriers de la tannerie familiale comme premiers modèles, notamment pour Le Petit Maître et L'Ouvrière, deux terres cuites aujourd'hui visibles au musée du château de Nogent-le-Rotrou. Il réalise ensuite de nombreux bustes, dont ceux de son père, de M. Truelle (député de Nogent), du sénateur Labiche, des docteurs Souplet et Desplantes (Tournet-Desplantes), de Paul Deschanel, ainsi que des figures allégoriques comme Le Triomphe de la pensée philosophique (haut relief en plâtre, 1889), La France s'abandonne à la République (bronze, 1894), La Tentation du Christ (1897), L'Extase (1898) et L'Humanité devant l'infini (marbre, 1898). Plusieurs fois médaillé dans différents salons, il est l'auteur d'une statue du poète Rémy Belleau, inaugurée le 13 mai 1897 dans l'actuel théâtre de Verdure.
Vers 1885, il s'initie également à la littérature en publiant successivement Études et contes, Sidonie, puis plus tard Yvonne. Il dessine et grave aussi, s'essayant à tous les arts[1].
Camille Gaté meurt prématurément le 20 août 1900 à Nogent-le-Rotrou, des suites d'une opération chirurgicale, à l'âge de 44 ans. À ses obsèques, le 22 août, près de 2 000 personnes se pressent devant son domicile pour lui rendre un dernier hommage et l'accompagner vers sa dernière demeure[2][3].
Les Chiens de relais

Les Chiens de relais est l'œuvre la plus célèbre de Camille Gaté, celle qui a véritablement lancé sa carrière. Cette sculpture monumentale représente, sur une terrasse ovale, deux chiens de chasse à courre, souvent identifiés comme des Grands Bleus de Gascogne : l'un debout, une corde passée autour du cou, l'autre assis[4]. Le chien de relais est un terme de vénerie désignant les chiens destinés, au cours de la chasse, à remplacer les animaux fatigués.
Le modèle est d'abord exécuté en plâtre et présenté au Salon des Artistes Français en 1885, puis, face au succès, édité en bronze pour le même Salon l'année suivante. Une version en fonte de fer est présentée à l'exposition universelle de 1889 à Paris, où l'artiste obtient la médaille de bronze. Œuvre rare, de la qualité qui convient aux monuments publics, elle est signée « C. Gaté » et porte parfois la marque du Val d'Osne. Présente à travers le monde, elle décore les espaces publics, de Nogent-le-Rotrou, où elle orne le jardin du Château Saint-Jean et la place de la République, jusqu'à Mar del Plata, en Argentine[5]. Une carte postale ancienne montre par ailleurs les chiens sur la pelouse de la villa Saint-Hilaire.
On lui doit aussi Le Chien au colimaçon ou l'Intrus, plâtre exposé au musée du château des comtes du Perche, ainsi que Les Chiens ratiers, récompensés en 1887.
Hommages et Postérité
Dès le 26 octobre 1900, le conseil municipal, réuni en séance, décide à l'unanimité de donner le nom d'avenue Camille Gaté à l'avenue des Marronniers, partant de la rue Gouverneur et allant aboutir à la rue des Promenades prolongée, afin de perpétuer la mémoire du sculpteur décédé deux mois plus tôt[2].
En 1901, son père fait ériger, à ses frais, un kiosque à musique au bas de cette avenue, en mémoire de son fils. La plaque, encore lisible aujourd'hui, porte l'inscription : « Ce kiosque a été édifié en 1901 par Monsieur Gaté Richard en souvenir de son fils Camille Gaté ». Le kiosque trône au cœur du Théâtre de Verdure, face à l'ancienne gare de tramway de la ligne Nogent-Brou, devenue l'école de musique[6].
Plusieurs de ses œuvres sont aujourd'hui exposées au musée du château Saint-Jean, qui lui a consacré une exposition en 2016. Une copie des Chiens de relais reste visible dans le jardin de la place de la République, face à l'école de musique. La statue de Rémy Belleau, quant à elle, a été fondue par les Allemands en 1942 et n'existe plus. Son œuvre demeure le témoignage d'un environnement familial, social, politique et philosophique de la fin du XIXe siècle, ancré dans un Perche industrialisé et dynamique.
Sources
- ↑ 1,0 et 1,1 « Camille Gaté, tanneur et sculpteur nogentais », article de Jean-Claude Bourdais, blog « JOURNAL DE JEAN CLAUDE BOURDAIS », 9 janvier 2006
- ↑ 2,0 et 2,1 « Un nom, rue : Camille Gaté », article de Stéphane Corto pour le bulletin Municipal de Nogent-le-Rotrou, "Le Mag" n°57 d'août 2026, page 22
- ↑ « Camille Gaté, artiste du XIX siècle », article de Loïc Jumeau, Journal « Le Perche », 31 juillet 2016, site web actu.fr
- ↑ « Nogent-le-Rotrou : groupe sculpté, Les Chiens de relais », base Palissy, notice n°IM280000721, Plateforme Ouverte du Patrimoine, Ministère de la Culture
- ↑ « ""Chiens de Relais"", exceptionnelle statue en fonte de fer signée par Camille Gaté, modèle de l'Exposition Universelle de 1889 », site web de Marc Maison, Antiquaire à Saint-Ouen-sur-Seine
- ↑ « Le kiosque à musique : l’hommage d’un père à son fils », article de Gwenael Baptista, Journal « L'Écho Républicain », 21 février 2013

